Qatar : À quoi ça tient… (et pourquoi Mir est toujours le favori)



Partir 10e, arriver 4e à un dixième du podium, après des essais difficiles sur un circuit pas donné favorable à la Suzuki : la performance de Joan Mir au Grand Prix du Qatar ne doit pas être sous-estimée. Le champion du monde sortant a montré à ses rivaux, dès la première épreuve, qu’il faudra compter sur lui pour la défense de son titre.

Deuxième à l’entrée du dernier virage du Grand Prix du Qatar, Joan Mir a finalement échoué deux places derrière, avalé par les Ducati de Johann Zarco (+0.130) et Francesco Bagnaia (+0.093) à quelques encablures de l’arrivée. Le dernier virage était en trop pour le pilote Suzuki. Le dernier virage, et les chevaux des Desmosedici GP21 de ses adversaires.

Cette fâcheuse dernière ligne droite a éclipsé sa performance. Il faut pourtant en parler. Car à 130 millièmes près, à quelques centaines de mètres près, Joan Mir se serait tenu aux côtés de Maverick Viñales sur le podium, à la surprise générale et avec un gain de 8 places par rapport à sa sortie de grille. Au lieu de cela, une partie de la lumière qu’il devait (et doit) recevoir s’en est allée ailleurs, vers des machines teintées de rouge. À quoi ça tient…

Champion du monde sortant, le pilote Suzuki a été désigné comme l’homme à battre par ses rivaux. Battu, il l’a été durant quasiment tout le week-end ; 11e aux essais libres, il s’est sorti du piège de la Q1 mais n’a pas réussi à tirer son épingle du jeu en qualification (10e).

Comme souvent, le pilote Suzuki ne s’est pas montré rapide sur un tour chrono, mais son rythme de course n’en faisait pas non plus un candidat à la victoire. Il n’était pas considéré comme l’un des favoris, mais ça ne l’empêchait pas de garder espoir, et même évoquer le podium à la veille de la course. Ça pouvait surprendre ; il en est finalement passé tout proche.

Sorti 10e des premiers virages, Joan Mir a fait une entame discrète, dans l’ombre de son coéquipier Alex Rins. L’Espagnol, qui expliquera en conférence de presse qu’il préservait ses pneus, est lentement monté en puissance. Au 14e des 22 tours, il n’était que 7e. Quatre boucles plus tard, il avait éliminé Fabio Quartararo, Jack Miller, Alex Rins, et se lançait à la poursuite des hommes du podium.

Francesco Bagnaia a été intelligemment dépassé au 20e tour. Plus défensif, Johann Zarco a résisté au champion du monde jusqu’à l’avant-dernier virage, avant de devoir céder. Passé 2e, Joan Mir tenait là son premier exploit de l’année. Il a cependant tout perdu dans les derniers mètres : un dernier virage où il écarte un peu, et surtout un ultime bout-droit où les pilotes Ducati ont fait parler leur puissance. À l’arrivée, Johann Zarco et Francesco Bagnaia lui dérobent les deux dernières places du podium pour 130 et 93 millièmes.

« Dans le dernier virage j’ai un peu glissé, mais ensuite je suis revenu et je l’ai fait avec de la vitesse. J’ai plus ouvert la trajectoire, mais je venais de plus loin, raconte Joan Mir. L’accélération n’a pas été mauvaise. Si personne ne m’a passé dans le virage, ça veut dire qu’ils n’auraient pas non plus dû me passer dans la ligne droite, mais je m’attendais à ce qu’ils passent. »

Ce premier podium de l’année, le pilote Suzuki estime l’avoir perdu « par ambition ». « Si je n’avais pas doublé Zarco (un virage plus tôt), j’aurais pris son aspiration et Bagnaia ne serait pas passé. Je n’ai pas voulu me contenter de la 3e place, j’ai voulu plus. J’ai sûrement perdu le podium par ambition. Pour l’instant c’est ce que je dois faire, essayer, risquer, tout tenter. Le moment de préserver viendra plus tard. »

Partir 10e, arriver 4e à un dixième du podium, après des essais chaotiques et sur un circuit pas donné favorable à la Suzuki : la performance de Joan Mir au Grand Prix du Qatar ne doit pas être sous-estimée. Le champion du monde sortant a montré à ses rivaux dès la première épreuve qu’il faudrait compter sur lui pour la défense de son titre.

Tout n’était pas bien parti, mais des changements de dernière minute dans les réglages lui ont ouvert la voie. Ça, et son habituelle habileté à briller le dimanche. « Ça a été une course positive. J’ai retrouvé les sensations qui ont manqué les premiers jours. Pour la première fois du week-end je peux sourire, même si ce n’est pas le meilleur résultat possible. Je crois que nous avions le potentiel pour plus, mais 4e est une bonne manière de commencer l’année et nous essaierons de poursuivre sur cette voie. »

« Nous avons trouvé le bon chemin sur le tard, mais il semble que nous l’ayons trouvé et je crois que ça peut bien se passer pour les prochaines courses », espère le pilote Suzuki. La prochaine, c’est déjà ce week-end et toujours à Losail, au Grand Prix de Doha.

Championnat après le GP du Qatar : 1. Viñales 25 pts, 2. Zarco 20 (-5), 3. Bagnaia 16 (-9), 4. Mir 13 (-12), 5. Quartararo 11 (-14), 6. Rins 10 (-15), 7. EspargaroA 9 (-16), 8. EspargaroP 8 (-17), 9. Miller 7 (-18), 10. Bastianini 6 (-19)… Classement complet ici

« Celui qui a le numéro 1 dans le dos, c’est Joan Mir »

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