Querelle autour de la suspension de Montella



Yari Montella a été suspendu par l’équipe Lightech Speed Up parce qu’il ne serait, d’après elle, pas assez bien remis d’une blessure au poignet droit. Une décision qu’il conteste, et qu’il estime motivée par d’autres raisons.

Yari Montella ne sera pas au Grand Prix de Grande-Bretagne, ce week-end, ni à celui d’Aragon, deux semaines plus tard. L’Italien a été temporairement mis à pied par son équipe, Lightech Speed Up, team officiel du constructeur de châssis Boscoscuro.

Blessé au poignet droit pendant le Grand Prix de France, en mai, Yari Montella a passé près de trois mois sur la touche. Il a pu faire son retour à la compétition début août, sur le double rendez-vous de Spielberg. Il a terminé 24e de la première course, puis a chuté lors de la seconde alors qu’il occupait la 23e place.

Rentré chez lui, il se préparait pour Silverstone, du 27 au 29 août, quand une lettre de son équipe lui est parvenue. Il lui est informé qu’il est suspendu pour les deux prochains Grands Prix, car il ne serait toujours pas en bonne forme physique, ce qui serait dangereux pour ses adversaires et pour lui-même. « Cependant, je suis bien physiquement, argue-t-il au média italien Corsedimoto. Le poignet n’est pas comme avant en termes de mobilité, il était un peu bloqué, mais ce n’est pas un empêchement. »

Comme le veut la procédure pour les blessés, Yari Montella a dû passer la visite médicale au Red Bull Ring de Spielberg, le 5 août, afin de pouvoir participer au Grand Prix de Styrie. Et les médecins lui ont donné le feu vert, obligatoire pour monter sur sa Boscoscuro. « Ils m’ont arrêté pour une autre raison, ou peut-être parce que je n’ai pas pu obtenir les résultats auxquels ils prétendaient », estime-t-il.

Le champion d’Europe Moto2 sortant (CEV) a fait ses débuts sur la scène internationale cette saison, sans parvenir à rentrer dans les points avant sa blessure (20e et 18e à Losail, chute à Portimao, 20e à Jerez). Pour lui, son équipe n’était pas satisfaite, mais ne lui a pas laissé le temps de s’exprimer. « C’est sûr que les conditions étaient différentes, mais par exemple, à Portimao j’ai toujours été parmi les 12 premiers, même si ensuite j’ai chuté. Au Mans, avant de chuter j’ai fini 12e en FP1. C’est sûr que j’ai eu du mal en Autriche, mais j’étais à une seconde du premier, pas plus. Si c’étaient trois-quatre secondes j’aurais dit que oui, cela peut être dangereux parce que je suis trop lent, mais ce n’était pas le cas. »

Sa suspension ne vaut pour l’instant que pour les deux prochains Grands Prix, ce qui lui permettrait de revenir à Misano, le 19 septembre. Sauf que ce n’est pas concrètement stipulé : « Ils m’ont dit que pour Misano, je devrai présenter des papiers qui disent que je suis bien. Mais ils ne disent pas que je vais revenir à Misano… Tout est un peu compliqué. En théorie je devrais au moins terminer l’année », espère-t-il.

L’affaire pourrait se finir devant les tribunaux. « Je suis en contact avec mon avocat pour savoir quoi faire. J’ai signé un contrat de trois ans, mais existe la possibilité de le renouveler année après année ou pas. Me suspendre comme ça est écrit, mais pour des raisons plus graves : manque de préparation physique, bagarre dans l’équipe, manque de courtoisie… Ces conditions n’étaient pas là, donc nous verrons comment procéder. »

« On espère résoudre le plus vite possible et trouver une bonne équipe », conclut Yari Montella, qui pense déjà à la saison suivante. Il semble donner son histoire avec Lightech Speed Up pour terminée, ou achevée fin 2021, et regarde dans quel team rebondir en 2022.

Le nom de son remplaçant n’a pas encore été dévoilé, mais tout indique qu’il s’agira du jeune espagnol Fermín Aldeguer, nouveau champion d’Europe Moto2.

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