Rins plutôt que Zarco, Mir plutôt que Lorenzo : Brivio raconte son passage chez Suzuki



Comment a-t-il été contacté pour rejoindre Suzuki ? Que s’est-il passé avec Johann Zarco ? Pourquoi a-t-il choisi Joan Mir plutôt que Jorge Lorenzo ? Voici le récit que fait Davide Brivio de son passage chez Suzuki, où il a travaillé de 2013 à 2020 avant de s’en aller vers la Formule 1.

Suzuki tente de recruter Rossi, qui refuse

« Je travaillais pour Valentino Rossi, il avait quitté Yamaha et je travaillais auprès de lui pour des choses personnelles, ses contrats, etc. (Shinichi) Sahara m’a contacté via Facebook. C’était bizarre parce que je n’utilise pas Facebook. J’ai un profil Facebook mais je ne l’utilisais pas, même aujourd’hui je ne sais pas comment l’utiliser. Mais je l’ai ouvert et il y avait cette notification. J’ai vu le nom de Sahara et il voulait savoir quelles étaient les intentions de Valentino Rossi pour le futur. »

« Il m’a dit qu’ils (Suzuki) voulaient revenir en MotoGP en 2014 et il m’a demandé si Valentino Rossi serait disponible pour rouler avec eux. J’ai parlé avec Valentino mais il a dit que rouler pour Suzuki ne l’intéressait pas. Valentino voulait revenir chez Yamaha, donc j’ai gentiment répondu à Sahara pour lui faire savoir que Valentino n’était pas intéressé. »

Brivio fonce chez Suzuki, mais la saison est reportée

« Puis nous avons commencé à parler un peu et Sahara m’a demandé si, dans le cas où il lançait un team en Italie, je serais intéressé. Et j’ai dit oui, que je pourrais être intéressé. Donc j’ai commencé avec eux le 1er avril 2013. À ce moment-là, l’idée était de faire des tests pendant six ou sept mois, d’avril à novembre, puis d’entrer officiellement en MotoGP en 2014. Le pilote d’essai était Randy de Puniet et la première sortie sur circuit eut lieu à Barcelone, le lundi après la course (le 17 juin 2013, au lendemain du Grand Prix de Catalogne, NDLR). »

Randy de Puniet au travail sur la Suzuki à Barcelone, en juin 2014.

« Avant ce test, nous avons eu une réunion à Cambiago, en Italie, où étaient les bureaux de l’équipe. (Satoru) Terada, qui était le leader du projet, était venu pour une réunion de préparation et nous a dit qu’il avait de mauvaises nouvelles, car Suzuki avait décidé de décaler le projet d’un an. Donc que nous entrerions en MotoGP en 2015. »

Viñales, la première pépite

« Nous avons pris Aleix Espargaro parce qu’il était déjà rapide, expérimenté et qu’il pourrait nous aider avec les réglages de la moto. Pour l’autre pilote, il y avait des discussions entre nous. Nous avions repéré Viñales. Je suis allé au Qatar (en 2014) pour ses débuts en Moto2. C’était sa première course, il était débutant mais j’ai noté qu’il était le plus rapide dans les 10-12 derniers tours. Puis il a gagné la deuxième course, à Austin. Avec ça, nous avons vu qu’il était spécial. Nous avons aussi essayé d’avoir Dovizioso, mais à la dernière minute il a décidé de rester chez Ducati. Donc nous avons commencé avec Espargaro et Viñales. »

Maverick Viñales et Aleix Espargaro, coéquipiers de 2015 à 2016 lors du retour de Suzuki en MotoGP.

« Avec le podium et la victoire de Viñales en 2016, nous avons perdu les concessions pour 2017 et Viñales a décidé de quitter Suzuki pour aller chez Yamaha, donc nous avons dû repenser notre stratégie. »

Zarco approché puis écarté pour Rins

« Nous avons décidé de signer Andrea Iannone et nous pensions que ce serait bien de répéter le ‘projet Viñales’ avec quelqu’un d’autre. Nous avons pensé à signer Rins et le faire progresser, comme nous l’avions fait avec Viñales. Malheureusement, nous avons dû sacrifier Aleix Espargaro, dont le contrat n’a pas été renouvelé. »

« En 2014 nous avons lancé un programme axé sur les jeunes pilotes et avions passé un contrat avec Zarco alors qu’il roulait en Moto2. Donc pendant sa dernière saison de Moto2 (en 2016), il avait déjà un contrat Suzuki. Nous devions sacrifier Aleix et choisir entre Zarco et Rins, qui s’était montré talentueux. C’était un choix très difficile, mais au final nous avons pris Rins. »

Johann Zarco lors de son premier roulage MotoGP avec la Suzuki à Motegi, en avril 2016.

« Cela a suscité beaucoup de critiques en 2017, parce que Zarco est allé chez Yamaha avec Tech3 et a été très fort. Il obtenait des podiums pendant que Rins, qui était malchanceux, avait du mal. Les résultats de 2017 étaient très décevants. Rins était très malchanceux, il a manqué quatre ou cinq courses et a fait son retour en juin à Assen. Donc pour Rins, le projet n’avait pas bien commencé, comme pour Iannone car nous n’avions pas un moteur qui lui permettait de bien s’en tirer. En 2018, avec un meilleur moteur, Iannone et Rins ont obtenu neuf podiums et ce fut une bonne saison. »

Le prodige Mir préféré à Lorenzo

« En 2018 nous devions décider du team de la saison 2019. Le projet Rins fonctionnait bien, le jeune homme talentueux progressait, et a émergé l’idée d’essayer avec un autre jeune talentueux. ‘Viñales Rins, essayons avec un autre’. Nous avons commencé à penser à Joan Mir, parce que son titre de champion du monde Moto3 2017, avec dix victoires, avait attiré mon attention. Pendant cette période nous avons aussi eu l’option de signer Jorge Lorenzo. Donc nous devions choisir entre Lorenzo et Mir, mais il ne s’agissait pas d’un choix entre deux pilotes, mais d’un choix de philosophie. Et de la direction que nous voulions prendre : y aller avec un pilote vétéran comme Lorenzo, ou développer un jeune talent. »

« Plus nous en apprenions sur Joan, plus il semblait quelqu’un de spécial. Je lui ai parlé de notre projet, lui faisant comprendre que ce n’était pas un projet facile, parce que nous n’étions pas Honda ou Yamaha, mais que nous voulions faire de notre mieux, etc. Il aimait Suzuki mais son manager m’a dit qu’il y avait un problème parce qu’il avait un option avec Honda. Donc je lui ai demandé directement : ‘Es-tu intéressé par Suzuki, indépendamment de l’option Honda ? Si tu devais choisir entre Suzuki et Honda, où irais-tu ?’ Il m’a dit : ‘Je veux aller chez Suzuki, parce que pour moi la Suzuki est une moto qui s’adapte à mon style, à mon gabarit…’ Et quand il m’a dit ça mes yeux ont brillé et j’ai pensé : ‘C’est la bonne personne, c’est lui’. »

Davide Brivio entouré de Joan Mir et Alex Rins lors de la présentation de l’équipe, en février 2020.

« Nous avions Alex Rins prêt, qui venait d’avoir cinq podiums et était notre pilote numéro 1, et nous savions qu’une saison d’apprentissage nous attendait avec Joan. Joan a eu un peu de mal, puis quand il a semblé qu’il progressait, à la course Brno, le lundi il a fait une chute qui l’a mis out pour trois ou quatre courses. C’était un moment difficile. »

« Nous nous attendions quelques progrès pendant l’hiver. Au test de Sepang 2020 il y a eu un clair progrès (sur la moto) et nous l’avons aussi vu chez Joan. Puis le confinement est arrivé, et durant cette période nous avons prolongé les contrats de nos deux pilotes, parce que c’était l’équipe que nous voulions avoir. »

La suite, vous la connaissez pour l’avoir vécue : des débuts délicats pour Alex Rins (blessé) et Joan Mir, puis l’ascension, les podiums, les victoires, et finalement la récompense suprême : le titre de champion du monde MotoGP pour Joan Mir, le podium (troisième place) pour Alex Rins et le triomphe au classement par équipes pour le Team Suzuki Ecstar.

Davide Brivio et Joan Mir après la conquête du titre MotoGP 2020, au Grand Prix de Valence.

Source : MotoGP.com

La statistique où Mir a fait mieux que Rossi et Marquez

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