Scott Redding : « Je me haïssais, personne ne voulait de moi en MotoGP ni en SBK »



Pole position, trois podiums dont deux victoires (1er/2e/1er) : week-end quasiment parfait pour Scott Redding, devenu vainqueur en championnat du monde Superbike dès sa deuxième épreuve à Jerez de la Frontera. La résurrection d’un pilote qui a bien cru être perdu il y a moins de 2 ans.

Car si Scott Redding est aujourd’hui le nouveau leader du WSBK, il faut rappeler qu’avant Jerez, sa dernière victoire mondiale remontait à près de 7 ans, au Grand Prix de Grande-Bretagne Moto2 2013. Ceux qui ont suivi sa carrière savent qu’après plusieurs expériences ratées en MotoGP, il a bien failli tout arrêter fin 2018, lorsqu’il s’est retrouvé à la porte de l’Aprilia Racing Team Gresini après une saison conclue à la 21e place. « Après ça, j’en avais marre. (…) Ma carrière était plus ou moins terminée. J’en avais fini, je ne voulais plus courir. J’avais 25 ans et je me disais : ‘J’en ai fini avec ce sport’. Cela ne me procurait rien dans ma vie, je ne me sentais pas comblé et je ne sentais pas que je réussissais », a-t-il expliqué en juin dernier.

Le Britannique était fatigué d’enchaîner les équipes et les motos sans parvenir à ses fins, et avec la sensation de mériter mieux. Une porte de sortie a finalement été trouvée en British Superbike. Il a signé avec l’équipe Be Wiser (Ducati), a remporté le titre dès sa première année et a été propulsé en championnat du monde Superbike, dans le team officiel Ducati, pour 2020. Et il estime aujourd’hui que ses succès actuels tiennent pour beaucoup dans cette expérience en championnat de Grande-Bretagne, comme il l’a souligné après la 2e manche de Jerez :

« Je dois courir que rouler l’an dernier en British Superbike m’a beaucoup aidé. Samedi, quand j’étais sur la grille, tout me semblait normal et c’est grâce à ce que j’ai fait en 2019. Normalement quand vous êtes devant tout le monde vous n’êtes pas à l’aise, vous sentez la pression ; là j’étais calme. »

« Tout ce que je fais en ce moment, toute cette tranquillité et concentration, proviennent du pas en arrière que j’ai fait dans ma carrière. Il y avait un moment où les choses n’allaient pas bien, je me haïssais ainsi qu’à tout mon entourage, personne ne me voulait en MotoGP ou Superbike, donc j’ai fait un pas en arrière. Je me suis mis à l’épreuve et maintenant je veux montrer ce dont je suis capable. »

Avec six podiums en six courses et la prise de commandes du championnat avec près d’une course d’avance sur ses premiers poursuivants (Jonathan Rea à 24 points, Alex Lowes à 26 points), Scott Redding doit logiquement endosser le rôle de candidat au titre. Il l’assume, mais rappelle qu’avec encore au moins 15 manches à disputer – et au maximum 21 –, tout reste à faire.

« Mon but ? Seulement un, gagner le titre mondial. Les sensations avec la moto sont géniales et je me sens bien. Je suis aussi heureux d’avoir gagné devant Chaz Davies, ça a été très bien. Mais nous pensons maintenant aux prochaines courses. Le championnat n’est pas terminé tant qu’il n’est pas arrivé à sa fin, Rea l’a montré l’an dernier en battant Bautista. Je suis leader mais c’est encore tôt et mon travail est de continuer à être rapide et régulier. »

Championnat Superbike après Jerez (2e manche) : 1. Redding 98 pts, 2. Rea 74 (-24), 3. Lowes 72 (-26), 4. Razgatlioglu 66 (-32), 5. Davies 57 (-41), 6. Van der Mark 47 (-51), 7. Baz 37 (-61), 8. Bautista 37 (-61), 9. Rinaldi 30 (-68), 10. Haslam 28 (-70)…

L’expérience Aprilia a fait « détester » la moto à Redding

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