« Surpris, fort, heureux » : Viñales raconte son premier test de l’Aprilia



Maverick Viñales n’a eu besoin que de deux runs pour être à l’aise sur l’Aprilia RS-GP, et trois pour décider de participer au Grand Prix d’Aragon. Voici, tout sourire, ce qu’il a raconté au soir du test de Misano, son premier sur sa nouvelle moto.

« Surpris par l’adaptation »

Arrivé en MotoGP en 2015, Maverick Viñales a passé deux saisons sur la Suzuki GSX-RR, puis pas loin de cinq avec la Yamaha YZR-M1 : deux motos qui utilisent des 4 cylindres en ligne, alors que l’Aprilia RS-GP fonctionne avec un moteur V4. Les machines se pilotent différemment, et là résidaient les principales interrogations concernant les sensations de l’Espagnol. Interrogations qui ont rapidement été chassées.

« Je me suis senti très bien, en seulement deux runs j’étais bien avec la moto », confie-t-il. Un rendement quasi-immédiatement positif qui l’a étonné : « Je n’avais pas d’attentes, car on ne sait jamais comment va se comporter la moto. J’étais nerveux parce que je n’avais jamais essayé un moteur différent, j’étais habitué aux 4 cylindres en ligne et je ne savais pas comme il allait réagir. Mais j’ai été assez surpris par comment je me suis adapté au moteur, ça a été facile et c’est génial. La moto a un moteur très maniable, et c’est très important en prévision d’une course longue. »

L’aventure est partie du bon pied, mais il y a quand même du travail à faire sur lui-même pour s’adapter à cette nouvelle monture. « Je dois changer ma manière de freiner. C’est un processus d’apprentissage long, car la manière de freiner de l’Aprilia est totalement distincte. J’ai besoin de plus de tours, d’apprendre un peu d’Aleix (Espargaro) pour freiner fort. Je crois que cela viendra quand j’aurai plus de confiance. »

De fait, sa deuxième journée de roulage a été guidée par l’objectif de « comprendre la moto, le freinage parce qu’il est très différent, et j’ai aussi fait des comparaisons entre les pneus neufs et usés ». Pas question de toucher aux réglages d’Aleix Espargaro pour l’instant : il faut d’abord se faire à l’Aprilia. « Je n’ai rien essayé de nouveau, j’ai gardé les mêmes réglages sur les deux journées et essayé la moto. »

Une journée qui s’est achevée avec un meilleur temps en 1’32.4, soit 6 dixièmes de mieux que la veille (1’33.0). « C’est un bon circuit, mais c’est toujours difficile de faire un tour rapide lors d’un test. J’avais pour référence une Ducati (celle de Michele Pirro, NDLR), qui marche toujours fort ici, et j’étais avec elle, c’est l’important », raconte-t-il.

Que vaut son chrono ? Il découvre la moto, le style V4, roule avec les réglages d’un autre, sur un circuit en moins bon état que pendant un Grand Prix (piste plus sale), sans le boost de motivation de la compétition, ni nécessairement chercher à claquer un tour chrono. En ce sens, rouler en 1’32.4 est excellent. Le record officiel d’une Aprilia RS-GP est de 1’31.890, par Aleix Espargaro lors de la FP3 du Grand Prix d’Émilie-Romagne 2020. Ce même week-end, Maverick Viñales remportait la course avec des temps compris entre 1’32.5 et 1’33.

« Sur l’Aprilia, j’ai compris mon potentiel »

Pilote à la sensibilité particulière, Maverick Viñales fait partie de ces sportifs pour qui l’aspect du management humain est incontournable. Plusieurs épisodes de sa carrière en témoignent, dont le récent conflit avec Yamaha. Le champion du monde Moto3 2013 a besoin de se sentir soutenu, poussé, au centre de l’attention et au coeur des espérances. D’où l’importance de ses commentaires au sujet de sa nouvelle équipe.

« J’ai vu que les gens d’Aprilia confient beaucoup en moi, et c’est une chose qui me motive beaucoup. J’ai passé cinq années à avoir des doutes de s’ils confiaient en moi ou pas, tacle-t-il Yamaha, mais ici je sais qu’ils confient en moi à 100 %, et c’est le plus important. »

« Ce furent peut-être parmi les jours les plus heureux de ma vie, poursuit-il. C’est l’époque dans laquelle je suis le plus heureux, car après cinq ans (chez Yamaha), avec des hauts et des bas, je ne comprenais pas beaucoup de choses. Tu te demandes ce qu’il se passe. Mais dès que je suis monté sur l’Aprilia, j’ai compris mon potentiel et ce que je peux faire. C’est génial de l’avoir essayée aussi vite, car maintenant je vais avoir six courses, et c’est bien mieux que faire seulement cinq jours de tests. J’essaierai de bien me préparer avec Aleix pour 2022, ce sera une année très importante. »

« J’ai décidé de rouler en Aragon après trois runs »

La possibilité de voir Maverick Viñales disputer des courses dès cette année flottait dans l’air, à condition que le test de Misano se passe bien. La nouvelle est tombée mercredi après-midi : il finira la saison 2021 à la place de Lorenzo Savadori, et entrera donc en lice au Grand Prix d’Aragon, le week-end prochain.

Il n’a pas fallu longtemps pour que les pièces du puzzle s’emboîtent, et c’est un résultat direct de ses sensations sur la RS-GP. « J’ai décidé de vouloir rouler en Aragon après trois sorties avec la moto », assure-t-il.

Que peut-il espérer pour le Grand Prix d’Aragon ? « Il n’y a pas de limite, on verra », statue-t-il. Tout ce qui viendra en plus de l’apprentissage sera du bonus. « Je ne connais pas la moto sur un week-end de Grand Prix, ou il faut pousser plus et où les chronos sont plus serrés. La vraie attente est d’apprendre, apprendre comment fonctionne la moto, la méthode de l’équipe et m’intégrer le plus possible. Ensuite, s’il y a un bon résultat, ce sera bienvenu. Aleix a mis la barre très haute. »

« Je pensais rester chez moi jusqu’en novembre »

Aragon, Misano, Austin, Misano 2, Portimao, Valence : Maverick Viñales a les six dernières courses de la saison, donc 18 journées de roulage, pour prendre la mesure de l’Aprilia RS-GP. Sa phase d’adaptation et de réglages va se faire dans les prochaines semaines, sans pression particulière puisque l’objectif est d’être rapide en 2022. Les erreurs des premiers pas seront permises. Ce gain de temps colossal va lui permettre de finir en 2021 tous les préparatifs auxquels il aurait dû avoir recours l’an prochain.

« C’est le meilleur moyen de préparer la saison prochaine, se réjouit-il. Bien que je ne sois pas encore prêt en termes de style de pilotage, de faire un avec la moto, parce que j’étais habitué à avoir une moto totalement différente, mais je crois qu’en Aragon je pourrai tout comprendre mieux. Je serai aussi avec Aleix et je pourrai apprendre plus vite comment fonctionne la moto. Mais je me sens fort, c’est le positif. »

La nouvelle est accueillie avec d’autant plus d’entrain qu’il ne l’avait pas vue venir, assure-t-il. « Je ne m’y attendais pas. Je pensais que j’allais rester chez moi jusqu’en novembre, attendant de pouvoir piloter et essayer la moto. Ce qui me rend heureux est que tout le monde travaille très dur, l’enthousiasme est très élevé, et arriver après un podium (celui d’Aleix Espargaro à Silverstone, NDLR) est le meilleur moment. Aleix et Savadori ont fait un travail incroyable, car ils ont été très rapides et la moto fonctionne bien. J’ai été assez surpris, car l’adaptation à la moto a été rapide », répète-t-il.

La suite au prochain épisode. Rendez-vous le vendredi 10 septembre au Motorland Aragon, pour la première séance d’essais libres du Grand Prix.

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Confiant
25 jours il y a

Yamaha ne confiait pas en Vinales, Aprilia confie en lui, et moi je confie en la qualité de vos traductions.

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