« Trop particulier »



« Trop particulier. » Vainqueur des Grands Prix du Qatar 2018 et 2019, absent en 2021, Andrea Dovizioso n’a eu de cesse de répéter ce mot à l’heure d’analyser les deux premières courses de la saison, disputées au Moyen-Orient. Et l’ancien pilote Ducati n’a pas tort : trop de particularités entourent le coup d’envoi du championnat pour en tirer des conclusions.

Crise sanitaire oblige, l’intégralité de la pré-saison s’est déroulée sur un même circuit, celui de Losail, lors de la première quinzaine de mars. Deux Grands Prix s’y sont ensuite succédé, avec des résultats assez marqués chez les constructeurs : deux victoires Yamaha, Ducati aux avant-postes, Suzuki dans le bon wagon, Aprilia en embuscade, Honda et KTM en retrait. Mais c’est bien parce que tout s’est joué à Losail que la lecture de ces faits reste limitée, « à prendre avec des pincettes », dit Andrea Dovizioso. « C’est encore trop tôt », répétaient d’ailleurs les pilotes dimanche dernier.

Prenons par exemple le cas KTM : bien qu’historiquement élevés, les résultats obtenus par les Oranges ne sont pas bons – quatre pilotes engagés, personne devant et un seul dans le top-10 en deux manches. Faut-il en conclure qu’ils sont hors-jeu pour la gagne en 2021 ? Pas le moins du monde. Losail n’est pas une piste taillée pour la KTM RC16, et les difficultés n’ont cessé de s’accumuler.

De la même manière, les triomphes de deux pilotes Yamaha ne font pas de la marque japonaise la favorite pour la saison. La Yamaha YZR-M1 est la moto qui a le plus gagné au Qatar. Il faut attendre d’autres circuits, d’autres conditions, d’autres circonstances, pour voir si les problèmes avec le train avant ou l’adhérence sont réglés.

Tout l’intérêt du Grand Prix de Portugal est là : apporter des réponses aux doutes, aux nombreux questions en suspens après les deux étapes du Qatar. Tous les pilotes qui ont brillé à Losail doivent confirmer que ce n’était pas qu’un coup d’éclat ; tous ceux qui ont manqué leur entame de saison doivent montrer que l’échec n’était que temporaire.

Certes, même au soir de quitter Portimao, dimanche prochain, il sera encore trop tôt pour tirer les premières conclusions fixes du championnat. Le Grand Prix d’Espagne, prévu deux semaines plus tard à Jerez, semble un moment plus approprié, car après Losail et les montagnes russes de Portimao, on aura eu une course sur un tracé sinueux, sans grande ligne droite. Mais l’épreuve portugaise permettra déjà d’y voir un peu plus clair.

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[…] « Trop particulier » […]

[…] il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, et les particularités de ce coup d’envoi de la saison invitent à la prudence. Mais Raul Fernandez avait déjà […]

[…] tout cela s’est passé à Losail, circuit sélectif et « trop particulier » pour tirer des conclusions hâtives. De plus, la Yamaha YZR-M1 y a souvent brillé, et y détient […]