Valentino Rossi annonce la fin de sa carrière



La saison 2021 sera la dernière de Valentino Rossi en MotoGP. La légende des sports mécaniques a confirmé ce jeudi, en marge du Grand Prix de Styrie, prendre sa retraite de pilote moto à la fin de l’année.

Jeudi 5 août, 16h20, salle de presse du Red Bull Ring de Spielberg, à la veille du Grand Prix de Styrie : Valentino Rossi prend enfin la parole.

« Comme je l’ai dit durant la saison, j’ai pris ma décision pour l’an prochain après la trêve estivale. J’ai décidé d’arrêter à la fin de la saison. Malheureusement, ce sera ma dernière moitié de saison en tant que pilote MotoGP. C’est difficile, un moment très triste, parce que c’est dur de dire et savoir que l’an prochain, je ne ferai plus des courses de moto. C’est ce que je fais depuis plus au moins 30 ans (rires). Ma vie va changer l’an prochain, mais c’était génial. Je me suis vraiment amusé durant ce long voyage, j’en suis à ma 25e ou 26e année en championnat du monde, j’ai vécu des moments inoubliables avec toute mon équipe et les personnes qui travaillent pour moi. »

Une décision inéluctable

L’annonce du retrait de Valentino Rossi est un événement, mais pas une surprise. Transféré au Petronas Yamaha Sepang Racing Team en 2021, après de longues années de labeur dans l’équipe officielle Yamaha (2004-2010 puis 2013-2019), il avait, dès le début de la saison, fixé son maintien en 2022 à une condition : sa compétitivité. Or, voilà plusieurs mois, sinon années, que les résultats du nonuple champion du monde sont à la baisse.

Sa dernière victoire remonte au Grand Prix des Pays-Bas 2017, il y a plus de quatre ans ; son dernier podium à celui d’Andalousie 2020, voilà près d’un an. Bien que hors-course pour la gagne, il parvenait régulièrement à se qualifier dans le top-10, puis jouer des places dans le top-5. Jusqu’à une série de chutes en septembre/octobre 2020 (Misano 2, Barcelone, Le Mans), suivie d’une infection au Covid-19 qui l’a fait manquer les deux épreuves d’Aragon.

Depuis son retour à la compétition, Valentino Rossi n’a quasiment plus jamais été le même. Il a fini la saison 2020 sur deux places de douzième, et la première moitié de sa campagne 2021 est de très loin la pire de sa carrière : neuf courses, seulement quatre passages en Q2 aux qualifications sans aucune première ligne, un seul top-10 en course, 17 points marqués et la 19e place du championnat. Le tout alors que les trois autres pilotes Yamaha ont tous décroché au moins un podium. « De ce point de vue, il sera très difficile de rouler aussi l’an prochain », avait-il admis fin juin, à l’approche de la trêve estivale.

Le Champion des champions

À 42 ans, Valentino Rossi va s’en aller avec l’un des palmarès les plus exceptionnels du sport moto. Arrivé en mondial en 1996, titré en 125cc en 1997, puis en 250cc en 1999, il est devenu, en 2001, le dernier champion du monde de l’histoire des 500cc. Avant d’être, un an plus tard, le premier de l’ère du MotoGP. D’autres titres suivront en 2003, 2004, 2005, 2008 et 2009. S’ajoutent à ces neuf couronnes six médailles d’argent (1998 en 250cc, 2000 en 500cc, 2006, 2014, 2015 et 2016 en MotoGP) et trois de bronze (2007, 2010 et 2018 en MotoGP).

Avec 115 victoires au compteur, le héros de Tavullia est le deuxième plus grand vainqueur de l’histoire des Grands Prix, derrière son compatriote Giacomo Agostini (122). Il détient le record de podiums (235), de points marqués (6 330), le deuxième de meilleurs tours (96), troisième de poles (65), et on pourrait continuer comme ça encore très longtemps.

Il est aussi, avec 423 départs à l’heure où sont écrites ces lignes, le pilote le plus expérimenté de tous les temps. Sa longévité record – il dispute sa 26e saison internationale – s’explique par sa passion, son travail, mais aussi le fait qu’il se soit rarement blessé. Si Cal Crutchlow ou Jorge Lorenzo ont été freinés par les blessures, leur rival italien a lui rarement eu de la casse. « Seulement » deux blessures marquantes en carrière : une double fracture tibia-péroné à la jambe droite en 2010, une autre au même endroit en 2017.

Une popularité inégalée

Admiré pour son palmarès, Valentino Rossi n’est pas célèbre seulement pour ses triomphes. L’Italien a, dès la fin des années 90, apporté un vent de fraîcheur dans l’univers des Grands Prix. Des surnoms, couleurs et logos atypiques, des célébrations plus drôles les unes que les autres, ont forgé son identité et sa popularité. Pendant ce temps, ses performances marquaient l’histoire au fil des années.

Dominateur chez Honda au début des années 2000, Valentino Rossi a osé claquer la porte au HRC pour partir chez Yamaha en 2004, alors que la firme japonaise n’avait rien gagné en 2003, et plus décroché le moindre titre depuis 1992. Il remporta son premier Grand Prix avec la M1 en Afrique du Sud, en avril 2004, puis décrocha le titre suprême quelques mois plus tard. Une partie de sa légende s’écrivit cette année-là.

S’ajoutent au mythe Valentino Rossi des duels historiques en piste, tant pour les passe d’armes que pour les scénarios. Pour n’en citer que quelques-uns : Jerez 2005 face à Sete Gibernau, Laguna Seca 2008 contre Casey Stoner, Barcelone 2009 devant Jorge Lorenzo, Termas de Río Hondo et Assen 2015 en combat avec Marc Marquez.

Les heures sombres n’ont pas non plus manqué. La défaite en chutant lors de la dernière course de Valence en 2006, l’échec de 2007, le défi raté chez Ducati en 2011-2012, la perte du titre en 2015. Mais ces épisodes ont aussi participé à l’écriture de sa légende, car les retours au sommet n’en étaient que plus beaux. On pense à la reconquête du titre en 2008, ou encore son retour à la victoire à Assen en 2013, après presque 1 000 jours (993) sans gagner.

Un charisme inégalé, des facéties rafraîchissantes et des exploits sportifs retentissants ont contribué à en faire le pilote le plus célèbre et le plus apprécié de tous les temps. À tel point que Valentino Rossi est devenu une marque à lui tout seul. Et une marque dont il a assuré une gestion impeccable.

Passage de relais

Le passage de témoin de Valentino Rossi a commencé il a une dizaine d’années, avec la création de la VR46 Riders Academy. La structure, basée chez lui, à Tavullia, a été lancée pour détecter, former et promouvoir de jeunes pilotes italiens vers les Grands Prix. Installations sportives, cours de pilotage, de diététique, de communication : rien ne manque pour les futurs champions.

En quelques années d’existence, la VR46 Riders Academy a sorti certains des meilleurs pilotes du monde : Franco Morbidelli, champion du monde Moto2 en 2017, vice-champion du monde MotoGP en 2020 et (sans doute) pilote officiel Monster Energy Yamaha en 2022 ; Francesco Bagnaia, champion du monde Moto2 en 2018, pilote officiel Ducati depuis 2020 et provisoirement troisième au classement MotoGP ; Luca Marini, vice-champion du monde Moto2 en 2020, actuellement dans sa première année en MotoGP. D’autres, comme Marco Bezzecchi ou Celestino Vietti, sont lancés sur la même voie.

La plupart des pilotes de la VR46 Riders Academy peuvent profiter du SKY Racing Team VR46, équipe engagée en championnat du monde Moto3 de 2014 à 2020, en Moto2 depuis 2017 ainsi que sur le champonnat d’Italie (CIV) de manière ponctuelle. Une étape supplémentaire va être passée en 2022 : le lancement de l’Aramco Racing Team VR46, en lice en MotoGP de 2022 à 2026.

Ces projets ont préparé l’après-Valentino Rossi, mais l’ont également aidé à se maintenir à niveau. Le pilote italien a plusieurs fois expliqué que s’entraîner au quotidien avec des pilotes beaucoup plus jeunes lui avait permis de rester en forme, chercher constamment des solutions pour progresser et s’adapter aux nouvelles spécificités du monde de la moto.

Le nonuple champion du monde a tenu bon, tout le temps qu’il a pu. « Je sais très bien qu’à la fin le temps va gagner, disait-il à La Gazzetta dello Sport en avril, c’est malheureusement comme ça pour tout le monde, mais j’essaie de toutes mes forces de rendre ça le plus difficile possible, c’est tout. Et c’est la seule raison pour laquelle je continue à courir. »

Le temps passe pour tout le monde, même pour Valentino Rossi. Le moment est venu de débuter un dernier tour de piste. Si le calendrier annoncé n’est pas modifié par la crise sanitaire et ses restrictions, il aura 42 ans, 8 mois et 26 jours quand, le 14 novembre prochain, il prendra le départ de son dernier Grand Prix en tant que pilote MotoGP.

Le temps, dernier adversaire de Valentino Rossi

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Braccini
1 mois il y a

Dommage…