Le plan déroulé par Bastianini à Austin



Enea Bastianini a impeccablement géré son Grand Prix des Amériques. Sa victoire répond à la même stratégie que celle qui l’a fait triompher au Qatar, début mars.

Enea Bastianini disait qu’il n’avait « pas de plan » lors du Grand Prix du Qatar 2022, théâtre de sa première victoire en MotoGP. Un mois plus tard, le pilote Gresini a décroché son deuxième succès aux États-Unis. Cette fois, le mot « stratégie » a bien été prononcé en conférence de presse. GP-Inside avait décortiqué son effort victorieux de Losail, et il apparaît que celui d’Austin répond à un schéma très similaire.

La course d’Austin est réputée pour être parmi les plus éprouvantes pour les pilotes. Non pas en raison des conditions météo, comme c’est le cas à Sepang, mais à cause du tracé texan particulièrement physique. Ainsi, « la stratégie était d’économiser les pneus, mais aussi le corps », a expliqué Enea Bastianini après sa victoire. Partir dans le groupe de tête, se laisser porter par les leaders puis attaquer dans les derniers tours : il avait fait le coup à Pol Espargaro et Brad Binder, au Qatar. Bis repetita au pays de l’Oncle Sam.

Cinquième sur la grille, Bestia s’est hissé au troisième rang au départ, derrière Jack Miller et Jorge Martin. Son travail consistait alors à rester au contact, sans trop taper dans ses pneus. Sa façon de piloter l’y aide, car il arrive, selon les virages, à passer sans toucher au frein arrière.

Devant, personne ne l’a attendu, et il a fallu maintenir une cadence élevée. « Quand j’ai vu Jack en première partie de course, j’ai pensé à essayer de gagner, mais je ne savais pas si je pourrais. » L’écart avec le leader n’a jamais dépassé la seconde, montant au maximum à 8 dixièmes en première partie de course. Mission accomplie.

Restait alors à mettre en marche la deuxième partie du plan : produire l’effort qui allait le mener à la victoire. Ce moment où commencer à forcer a été déclenché par l’un de ses adversaires, Alex Rins, revenu sur ses talons. « Quand, à la mi-course, Alex a essayé de me doubler plusieurs fois, j’ai compris que c’était le moment de pousser plus », raconte Enea Bastianini.

L’Italien, qui n’avait alors roulé qu’en 2’04, est descendu en 2’03 du 12e au 15e tour. Quatre boucles consécutives en 2’03 : seul Marc Marquez, plus grand vainqueur de l’histoire d’Austin, a réussi à le faire ce dimanche. Un laps de temps durant lequel il efface Jorge Martin, créé un gap avec Alex Rins et revient dans les échappements de Jack Miller, déposçe au 16e tour.

L’Australien tente de s’accrocher, mais le pilote Gresini, lui porte le coup fatal au 18e des 20 tours à effectuer : il roule en 2’03.553, soit 538 millièmes plus vite L’écart dépasse la seconde et ne descendra plus en dessous. Quatre minutes plus tard, Enea Bastianini franchit en vainqueur la ligne d’arrivée du Grand Prix des Amériques.

Jamais sorti des points en 2022 (1er/11e/10e/1er), le protégé de Nadia Padovani a repris les commandes du championnat, 5 points devant Alex Rins. Est-il candidat au titre ? La saison n’en est même pas à son premier cinquième, mais ses performances ne sortent pas de nulle part. Elles répondent à une ascension jaugeable depuis l’été 2021. Et donnent le sentiment que ce n’est pas la dernière fois de l’année que Bestia fait résonner l’hymne italien cette année.

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Les signes annonciateurs de la victoire de Bastianini

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