Parti 11e, Jorge Martin a terminé troisième du Sprint au Qatar. Deux semaines après sa chute à Phillip Island, le pilote Aprilia a profité du drapeau rouge pour changer de pneu et parle de « la pire journée de l’année » sur le plan physique.
Il a d’abord eu une pensée pour Bagnaia. « C’était une course difficile, mais j’ai pris du plaisir. J’espère que Pecco va bien, parce que sa chute était violente. »
L’interruption lui a permis de changer de pneu arrière. « Le premier était une catastrophe. Je me sentais bien avec le médium, mais cet exemplaire-là ne fonctionnait pas comme il aurait dû. J’ai eu la lucidité d’en changer, même si je savais que le soft était un pari. Une partie de l’équipe n’était pas vraiment convaincue. Moi, j’étais persuadé de pouvoir le gérer avec mon pilotage, et il m’aidait énormément au freinage. J’ai pu dépasser tout le monde jusqu’à revenir sur Marc, je l’ai même passé quand son airbag s’est déclenché. Mais se battre contre lui est toujours difficile. J’ai fait de mon mieux et je suis content de mon résultat. »
Physiquement, la journée a été très dure. « La pire de l’année. En me réveillant ce matin, j’étais un peu inquiet. Les qualifications ont été une catastrophe complète, je n’avais aucune force. Mais tout le week-end, j’ai essayé d’économiser un maximum d’énergie pour le Sprint. Avec l’adrénaline du départ, puis du deuxième départ, je ne pensais pas beaucoup à ma main et j’ai réussi à bien piloter. Évidemment, je ne suis pas à 100 %. Je suis à 50 %, alors je pilote avec ces 50 %. C’est tout ce que j’ai. »
Il reste confiant pour dimanche. « La course sera plus longue, avec un rythme un peu moins élevé, ça peut m’aider. J’espère bien me reposer. On l’a vu aujourd’hui avec Marco et Marc : tout peut arriver. Je dois être là si une occasion se présente, pour en profiter. Ce seront 40 minutes d’effort, puis j’aurai deux semaines pour me reposer. »
L’Espagnol refuse d’en faire un exploit. « Je ne pense pas avoir montré quelque chose que vous n’aviez jamais vu. C’est mon caractère, je suis dur au mal. Je n’ai rien à prouver à personne, je le fais pour moi. Cette année, j’ai reçu beaucoup de lettres de personnes malades qui se battent pour leur vie et qui me disent que je suis une source d’inspiration pour elles. C’est pour ça que je le fais. Le championnat n’est pas vraiment ce qui compte. C’est déjà une victoire, et je continuerai à gagner aussi longtemps que je le pourrai. »
Il revient enfin sur le chemin parcouru depuis l’Australie. « C’est fou. J’ai travaillé comme un dingue chez moi. On a été très intelligents dans le choix des soins, et ça m’a beaucoup aidé. Maintenant, je sens que mon état se dégrade un peu chaque jour à cause des efforts. Il ne reste que 40 minutes, puis je me reposerai. On n’a rien sans rien. »