« Ça commence à faire trop » : les ‘devices’ ne font pas l’unanimité en MotoGP



Alors que les constructeurs ne cessent de monter de nouvelles pièces sur les motos, Fabio Quartararo, Joan Mir ou encore Marc Marquez ont questionné la multiplication des dispositifs à actionner en pilotant les prototypes MotoGP.

Y-a-t-il trop de dispositifs à mettre en route sur les MotoGP ? Le sujet, récurrent depuis quelques années, a fait la une de la pré-saison, après que Ducati ait étrenné un nouveau système pour abaisser l’avant de la Ducati en ligne droite. Les innovations n’ont pas manqué dans ce domaine ces derniers mois, mais certains pilotes estiment que cela commence à faire trop.

« Je n’aime pas ces appareils car notre attention est détournée du pilotage, pointait déjà Aleix Espargaro lors du test de Sepang, début février. Je ne veux pas dire qu’ils sont dangereux, mais nous devrions en parler avec la Direction de course, parce que nous (devons) faire trop de choses pendant que nous roulonsÀ Sepang, Ducati a aussi essayé un dispositif d’abaissement à l’avant. S’ils l’ont tous, nous devrons aussi le mettre, parce que la traction change et l’aérodynamique en est affectée. »

Aleix Espargaro n’est pas seul dans cette bataille. Et les premiers à être de son avis sont les trois derniers champions du monde MotoGP, qui se sont tous exprimés sur le sujet lors de la conférence de presse du Grand Prix du Qatar.

« Pour moi ça commence à faire trop, a répondu Fabio Quartararo au circuit de Losail. Tu as besoin de faire trop de choses. Oui, au final tu gagnes du temps, mais ça commence à faire trop. » « Je suis avec Fabio, ça commence à faire trop, a ensuite appuyé son prédécesseur au palmarès, Joan Mir. On va chaque fois plus vite en ligne droite, on arrivera bientôt à 370 km/h, (alors que) les circuits sont les mêmes… Ce n’est probablement pas la meilleure chose pour la sécurité. » Sous-entendu : les pistes ne sont pas adaptées à de telles performances, notamment en ce qui concerne les échappements en cas d’accident à haute vitesse. Cela s’était vu à Jerez en 2021, après un violent accident de Marc Marquez.

Le même Marquez se dit prêt à militer pour que les choses changent. « C’est quelque chose qu’ils doivent retirer dans le futur. Nous devons y aller ensemble, les pilotes, car les constructeurs vont chaque fois plus loin », a-t-il lancé. Et le pilote Honda de citer l’exemple du holeshot device (abaissement de l’assiette de la moto au départ), « qui n’est pas utile pour les motos de série. Ok, en MotoGP nous avons des prototypes, mais les motos de série n’ont pas besoin du holeshot device. On va plus vite, on freine plus tard, mais pour le futur il faudrait l’enlever. »

Les ingénieurs de chez Ducati étant généralement à la pointe de ces innovations technologiques, il était évident que Francesco Bagnaia n’allait pas les remettre en question. Ce qu’il n’a effectivement pas fait au Qatar. « J’ai juste à appuyer sur un bouton, donc ce n’est pas un problème pour moi », a-t-il dit en conférence de presse.

Ni pour, ni contre, Brad Binder s’est contenté de dresser un constat : ces dispositifs existent et il va falloir s’y adapter. « Tout le monde les a. On a plus de choses à faire et c’est important de ne pas l’oublier quand on roule, mais la réalité et qu’ils sont là, et je crois que ça va rester comme ça. »

Le circuit de Losail a vu, en 2021, le premier franchissement de la barre des 360 km/h en MotoGP. Un an plus tard, les dernières retouches sur les machines pourraient permettre d’établir un nouveau record de vitesse, aujourd’hui de 362,4 km/h.

Le MotoGP face à ses « limites » ?

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