Claude Michy : « La notoriété de la moto en France a beaucoup progressé »



Claude Michy, l’organisateur du Grand Prix de France moto qui se tiendra les 13, 14 et 15 mai au Mans, nous a accordé une interview juste avant de s’envoler pour le Qatar, et l’ouverture du championnat du monde MotoGP 2022. Il nous présente son épreuve et nous parle d’une saison qui s’annonce passionnante !

GP-Inside : Comment se présente le GP de France 2022 ?
Claude Michy : « On commence déjà par se féliciter d’avoir pu maintenir l’épreuve, même à huis clos, grâce aux aides gouvernementales pendant les deux années de pandémie. Heureusement, la situation semble désormais s’améliorer et on ne devrait plus avoir de restrictions pour cette année. On avait déjà un niveau de fréquentation très élevé puisque nous avions la meilleure affluence mondiale en Moto GP avant la crise sanitaire, et on se dirige vers de nouveaux records grâce au titre de Fabio Quartararo, aux bons résultats des Français et à la médiatisation de Canal+. Cet intérêt croissant s’est vérifié dès le mois de septembre dernier, quand nous avons ouvert la billetterie et que les tribunes se sont remplies en quelques jours seulement. »

« On constate que la notoriété de la moto a beaucoup progressé et attire un public nouveau qui a découvert cette discipline spectaculaire. On peut dire que la moto est sortie d’un relatif anonymat et qu’elle fait désormais partie des disciplines reconnues, bien au-delà des fans de moto. Les résultats et l’image de Fabio et Johann Zarco contribuent forcément à cette progression, sans parler des bagarres en piste à chaque course ; la moto en France est actuellement dans une bonne dynamique. C’est aussi le fruit de nos investissements et de nos initiatives avec la FFM depuis plusieurs années pour aider et former les pilotes, qui sont évidemment les principaux acteurs de ce formidable spectacle. »

Claude Michy, organisateur du GP de France

« Pour cette année, on a conservé un principe qui fonctionne bien en offrant au public un package complet pour lui permettre de vivre l’événement dans les meilleures conditions, qu’il s’agisse du parking, des baladeurs qu’on met à disposition pour avoir les commentaires des essais et de la course, ou encore de la Fan Zone où les pilotes viennent à la rencontre des spectateurs le vendredi et le samedi en fin de journée. Et, comme toujours, le show mécanique du samedi soir. On se soucie beaucoup de l’animation autour de la course, c’est notre marque de fabrique. On se doit de satisfaire le public pour le fidéliser. Je dis souvent que la performance est sur la piste mais elle doit aussi être chez l’organisateur ! »

Pourrait-on envisager un deuxième Grand Prix en France sur un autre circuit ?
C.M : « Il faut d’abord préciser qu’à part Le Mans, à l’heure actuelle, aucun autre circuit français n’est homologué pour accueillir un Grand Prix moto. Il faudrait donc que la Fédération internationale (FIM) valide un autre circuit en grade A. Ensuite, il y a un problème de nombre de courses dans la saison. Aujourd’hui on est à 21 épreuves et c’est déjà un maximum. Et puis bien sûr, il faut tenir compte de l’équilibre économique d’une telle épreuve, et le ratio entre les charges et le nombre de spectateurs que tu peux faire venir. Et je ne pense pas qu’il existe ailleurs qu’au Mans une densité de population suffisamment importante pour garantir la rentabilité financière d’un Grand Prix, sans oublier les problèmes d’accueil, d’accès, d’hébergement… C’est très complexe. »

Quel est ton pronostic pour 2022 ?
C.M : « Je pense qu’on va assister à de belles surprises ! D’une part parce que le développement technique des motos est reparti après avoir été gelé pendant deux ans, et d’autre part parce que les nouveaux venus semblent très performants. Il suffit de regarder les chronos des essais hivernaux pour constater que tout le monde se tient dans la même seconde ! Il y a tous les ingrédients pour qu’on assiste à des bagarres fantastiques et on n’a jamais vu une telle homogénéité entre les pilotes et les marques ! »

« Je pense que le spectacle sera encore plus impressionnant que l’an passé. Évidemment j’ai un faible pour nos pilotes français, Fabio et Johann qui se battront aux avant-postes en Moto GP, et j’attends beaucoup aussi de Lorenzo Fellon en Moto 3. Il a montré de belles choses l’an passé en deuxième partie de saison avec une progression constante. Les premières courses donneront des indications plus claires sur le reste de la saison. »

Le record que Zarco et Quartararo peuvent battre à Losail

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Sarrazin
6 mois il y a

Heureusement que Fabio est parti en Espagne a 9 ans …sinon pas de titre en 21..non ? ( Notoriété french)

Menget
6 mois il y a
Répondre à  Sarrazin

Tout à fait exact. Ce qui dénote le manque d’antousiasme des instances sportives pour cette discipline.

Menget
6 mois il y a

Fin des années 70 début 80,il y avait plus d’une quinzaine de pilotes francais et qui pour la plupart marchaient fort…Cela n’a pas donné plus d’engouement pour la moto en France.Notre pays n’aime pas le 2 roues tout simplement,on le voit par l’absence d’autres pilotes dans les autres quatégories de la moto gp,mais aussi dans l’absence de marque de moto francaise.Ce débat je le connais depuis fin 60 et nous en sommes toujours au même point.

Braccini
6 mois il y a

3 pilotes français au total, y’a pas de quoi pavoiser. Il y a encore beaucoup de travail à la Fédération !!!