En MotoGP, la vitesse de pointe ne dépend pas seulement de la puissance du moteur, mais surtout de la capacité de la moto à fendre l'air.
À 350 km/h, le vent est un mur. Pour gagner quelques km/h, Aprilia a inventé un système aussi simple qu'efficace : transformer le bras du pilote en pièce aérodynamique.
Le problème : la moto "trop large"
Normalement, une moto a besoin d'évacuer l'air chaud de son moteur par des ouïes sur les côtés. Cet air ressort de façon désordonnée et crée des turbulences. C'est comme si on essayait de courir avec un parapluie entrouvert : ça brasse de l'air, ça fait des remous et, surtout, on ralentit.
La ruse : utiliser le pilote comme interrupteur
Les ingénieurs ont placé un conduit spécifique sur le carénage, pile à l'endroit où le coude du pilote se pose lorsqu'il est en ligne droite :
- En ligne droite : Le pilote se cache derrière la bulle. Son coude vient boucher le conduit. Ce "bouchon" change la pression interne et force l'air extérieur à glisser de façon fluide le long de la moto. La machine devient subitement plus "lisse", comme un projectile. Elle gagne en vitesse sans consommer davantage.
- En virage : Le pilote sort son bras pour pencher. Le trou se débouche instantanément. L'air circule à nouveau pour éviter que le moteur serre.
Pourquoi c’est malin ?
Le règlement interdit les systèmes aérodynamiques actifs comme on peut le voir en F1. Mais ici, rien n'est automatisé. C’est le mouvement naturel du pilote qui active le système. C’est une subtilité pour exploiter le règlement : pas de câbles, pas de servomoteurs, juste de la physique et un coude bien placé.