Cinquième en qualification, du Sprint puis du Grand Prix, Jorge Martin n'a jamais eu le rythme du podium à Aragon. Le leader du championnat assume avoir joué la sécurité, sur l'un de ses pires week-ends de l'année.
Jorge Martin ne s'est menti à aucun moment. « C'était difficile, mais rien de différent de ce à quoi je m'attendais. J'essayais d'être optimiste, peut-être qu'avec un bon départ je pouvais faire autre chose, mais je n'ai pas pu. Aujourd'hui, le maximum, c'était le top 5, et je suis content d'avoir pris le maximum. » Le pilote Aprilia avait pourtant débarqué à MotorLand avec un peu d'espoir. « Après Silverstone, mon feeling était meilleur, je pensais pouvoir me battre pour le podium. Mais dès vendredi, j'ai vu que ce n'était pas possible. »
Le coupable est identifié : le grip, absent du premier au dernier tour. « Je sens ce qui se passe avec la moto, mais je ne sens pas la performance. Je glisse partout, je n'arrive pas à construire de la vitesse. Ce n'est pas comme à Brno ou au Sachsenring, où je n'avais pas le feeling. Sur des circuits où il y a du grip, ce ne sera pas un problème. » Il cite Misano et l'Autriche. D'ici là, l'Espagnol a préféré encaisser plutôt que de forcer. « Vers la fin de la course, je me sentais un peu mieux, j'ai pu revenir un peu sur Alex. Mais j'ai pris les points. Je préfère ça à prendre des risques et tomber. Peut-être que dans les prochaines courses il faudra en prendre plus, pas ici. »
Un discours de comptable, assumé. « Sur un très mauvais week-end, presque le pire de la saison en vitesse pure, j'ai pu marquer. » Interrogé sur une course au titre où il semble être celui qui doit le plus retrouver de la vitesse face à Márquez et Bezzecchi, Martin balaie d'une phrase : « Je travaille pour progresser chaque jour. Je suis toujours en tête, donc il y a quelque chose que je fais bien. » Dix-neuf points d'avance sur Márquez, et un rendez-vous à Misano qu'il attend avec impatience.